l'INSTITUT DU PLURALISME RELIGIEUX ET DE L'ATHEISME

Du 5 au 12 décembre

John Tolan a participé à la conférence "L’influence complexe de l’orientalisme dans les discours scientifiques sur l’islam" organisé par le projet de documentation et  de recherche sur l'islamophobie du centre sur la race et le genre de l'Université de Californie, Berkeley et organized in cooperation le Centre d’Analyse et d’Intervention Sociologique (CADIS) à l'EHESS, Paris 11 et 12 décember 2014.  Son intervention s'est portée sur le thème : Au-delà de l’Orientalisme : comprendre les premières réactions chrétiennes à l’islam


Depuis la publication d'Orientalisme en 1978 par Edward Said, ses idées ont influencé une grande partie de la recherche sur les attitudes au Moyen-Âge à l'égard de l'Islam et de l'Orient en général. Le cadre conceptuel avancé par Said a souvent été utilisé de manière adéquate, mais également parfois de manière maladroite. Il considère l'Orientalisme comme un discours justifiant le colonialisme européen et sa domination de larges parties de l'"Orient". Bien que certains auteurs médiévaux (chroniqueurs de la première croisade, par exemple) utilisent en effet l'image négative des "Sarrazins" et de leur religion pour justifier la guerre, le discours de l'Europe chrétienne pré-moderne sur l'Islam est venu au contraire de ceux vivant sous la loi musulmane ou qui craignaient d'être conquis par eux : le modèle orientaliste de Said ne peut être transposé de but en blanc pour expliquer des discours produits par des réalités sociales très différentes. En effet, si nous devions utiliser les catégories de Said pour comprendre, par exemple, les polémiques anti-musulmans virulentes de Eulogius et Paulus Alvarus au IXe siècle à Cordoue, nous devrions alors les envisager comme des manifestations de ce que Said nomme une "culture de resistance", un discours subversif contre la culture dominante de l'Islam. Trop souvent, les discussions sur l'"Orientalisme" passé et présent dégénèrent en des dénonciations d'attitudes coloniales ou post-coloniales supposément incarnées ou défendues par ceux étiquetés "orientalistes". Une étude plus approfondie des textes anti-musulmans fondateurs de la tradition européenne révèle au contraire une ambivalence profonde de la part des auteurs chrétiens à l'égard d'une religion (et d'une civilisation) rivale, puissante et attirante.

 

 

Institut de Recherche et d'Histoire des Textes

 

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